Clémentine Poiret

En 2009, Clémentine Poiret entame des études en histoire de l’art à l’Université de Montréal. Son mémoire de maîtrise est rédigé sous la direction d’Élise Dubuc. Ses intérêts de recherche portent essentiellement sur la mise en exposition et l’interprétation des objets extraeuropéens en milieu institutionnel occidental. Récemment établie en Nouvelle-Calédonie, elle espère pouvoir assouvir sa curiosité et étendre ses connaissances sur l’art kanak en occupant une place dans l’une des institutions muséales locales.

Dans le cadre du projet de collecte virtuelle d’objets muséaux ilnu de Mashteuiatsh et anishinabeg de Kitigan Zibi, elle constate des similitudes avec un autre projet, désormais abouti, à propos d’objets kanak. L’Inventaire du Patrimoine Kanak Dispersé (IPKD), facteur essentiel à sa recherche, est présenté dans le mémoire de Clémentine.

Résumé du mémoire

Interprétation du patrimoine culturel immatériel au musée du quai Branly. La (re)découverte de l’« autre » dans l’exposition « Kanak. L’art est une parole ».

L’objectif du mémoire de Clémentine est de porter un regard critique sur l’exposition du patrimoine culturel immatériel kanak, dernièrement proposée au musée du quai Branly. Ayant pour objet de corriger l’élitisme de l’eurocentrisme, le postcolonialisme est un courant de pensée qui vise à repositionner les acteurs et enjeux marginaux. Interdisciplinaire, le discours postcolonial suscite une pluridisciplinarité de perspectives pour inclure la voix des « autres ». Dans son étude, Clémentine a choisi de traiter du propos dans un cadre singulier. Son approche se consacre à une interprétation de l’« autre » par le musée du quai Branly, de manière à comprendre comment, aujourd’hui, la particularité du patrimoine culturel kanak y est exposée. Ce mémoire se propose d’effectuer un retour sur la venue du quai Branly dans le cadre de quelques problèmes récurrents concernant la perception et le traitement de l’objet non occidental, retour qui semble nécessaire à l’établissement d’un bilan sur les pratiques expositionnelles du patrimoine culturel immatériel dans l’exposition « Kanak. L’art est une parole ». Pour ce faire, les enjeux soulevés sont abordés dans les perspectives de l’histoire de l’art, de l’anthropologie et de la muséologie.

Par la muséographie qu’il met en place, le musée fait part au public de son parti-pris quant au discours didactique qu’il souhaite lui transmettre. Les choix effectués pour la mise en exposition et sa contextualisation expriment la définition que le musée donne aux objets qu’il contient. Le musée du quai Branly est un cas particulier. Promu au rang de musée d’ « art premier » à son ouverture, il expose des objets ethnographiques venus d’Afrique, d’Océanie, des Amériques ou encore d’Asie pour leurs qualités esthétiques. Clémentine soutient que loin de nos préceptes occidentaux, la difficulté de ce musée est de rendre compte de l’histoire de ces objets. Par exemple, l’expression artistique kanak soulève le fond du problème dans la mesure où elle prend forme à travers des ressources orales.